Marche: CLIMAT NATURELLEMENT - 10.12.2018


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La Marche pour le climat a rassemblé toutes les générations à Neuchâtel

La Marche pour le climat a attiré près d'un millier de manifestants, selon les organisateurs.
La Marche pour le climat a attiré près d'un millier de manifestants, selon les organisateurs.MURIEL ANTILLE

PAR ANOUCHKA WITTWER

ENVIRONNEMENT Près d’un millier de manifestants, selon les organisateurs, ont défilé dans les rues de la ville de Neuchâtel samedi après-midi, fatigués par l’inaction des gouvernements face au réchauffement climatique.

Ce samedi, dans les rues de Neuchâtel, l’heure était grave. Et bruyante. Près d’un millier de citoyens, selon les organisateurs, avaient choisi de braver le temps maussade afin de participer à la toute première Marche pour le climat du canton. Elle était mise sur pied par la jeune association Climat Neuchâtel.

Le cortège, parti de la place des Halles pour rejoindre le château, ne s’était pas contenté des traditionnelles pancartes en carton.


Casseroles et cuillères en bois, sifflets, boîtes de conserve, cloches, vuvuzelas et même un métaphorique réveille-matin ont improvisé une symphonie pour faire écho aux slogans griffonnés à la main, brandis par les manifestants:

«Ta planète, tu la préfères bleue ou bien cuite?», «Urgence, l’homme en voie d’extinction», «#Earthtoo #Balancetonlobbyiste». 

Copenhague, Bruxelles, New York, Tokyo ou encore Genève et Berne; le monde entier défilait pour exiger des décideurs de tous bords, réunis depuis une semaine à la COP24 (lire ci-contre), qu’ils prennent enfin leurs responsabilités face à une planète qui étouffe sous les gaz à effet de serre.

Se sentir concerné

Emmitouflées dans leurs manteaux, Camille et Charlotte se sont déplacées en «espérant que cela change quelque chose. Mais on est pas vraiment sûres...» Soit, personne ne pourra prouver que cette marche a généré un impact sur nos politiques climatiques, visées par les organisateurs.

Mais samedi, force était de constater que le réchauffement planétaire est l’une des rares problématiques qui réunit toutes les générations. Enfants, ados, adultes et grands-parents avaient répondu présent.

«Mobilisation énorme»

Une foule dense qui n’a pas manqué d’impressionner l’instigateur de cette Marche pour le climat. «La mobilisation est énorme, je ne m’attendais pas du tout à ça», se félicite Nicolas, de l’association Climat Neuchâtel.

«Je préfère rester anonyme. Je suis simplement un citoyen parmi d’autres, qui fait partie d’un mouvement global.» Le Neuchâtelois a rassemblé autour de cette cause commune plusieurs associations, dont Greenpeace et le WWF, ainsi que deux partis politiques, les Verts et les Vert’libéraux.

Tous ont défilé aux côtés de citoyens parfois très remontés contre l’inaction des politiques. «Ils ne font rien, c’est donc à nous de prendre les choses en main et de montrer qu’on ne peut pas continuer ainsi», tonne Vincent. Marie est d’accord: «Chacun de nous peut faire un effort, ça commence par là.»

Hommes des cavernes

Pour Nicolas, de l’association climat Neuchâtel, la responsabilité citoyenne doit s’accompagner d’une réaction des autres acteurs véritablement influents sur le climat.

«On doit tous s’y mettre. Le réveil citoyen est déjà là en partie, mais un relais politique doit absolument se faire. Le monde de l’économie doit aussi réagir, mais on sait que les lobbies sont un gros problème, que les multinationales font leur beurre sur le capitalisme et ne voudront pas changer quoi que ce soit». 

Quoi faire, alors? «C’est notre modèle en entier qu’on doit revoir. On vit sur une planète aux ressources finies, ça tout le monde le sait. Mais le plus compliqué à combattre, c’est la peur du changement. Dès qu’on parle de décroissance, les gens ont une image d’hommes des cavernes qui leur vient en tête».

Mais plus le temps de tergiverser. «On est dans une période déterminante. C’est maintenant qu’il faut agir!», s’exclame Nicolas.

 

UN ÉTAT DES LIEUX ALARMISTE
Depuis le 2 décembre, les représentants de plus de 200 pays se sont donnés rendez-vous à Katowice, en Pologne, pour la COP24. Un sommet censé sceller l’Accord de Paris ratifié par 196 pays en 2015 – et que les Etats-Unis, 2e plus gros pollueur après la Chine, ont quitté cette année – en fixant des mesures concrètes à appliquer pour chaque nation signataire.
Objectif: limiter le réchauffement climatique à 2° (1,5° si possible) par rapport aux niveaux préindustriels d’ici à 2100. Une ambition frileuse qui n’empêchera pas la planète de toussoter sous un trop-plein d’émissions de CO2, affirment certains spécialistes, dont le Groupe d’experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat (Giec).
Leur dernier rapport, publié peu avant la COP24, donne des sueurs froides: si l’on ne fait pas davantage d’efforts, le réchauffement pourrait atteindre +5,5° d’ici à la fin du siècle, une catastrophe irréversible pour l’humanité, a conclu le Giec.